40. L’hypersensibilité : les émotions à la puissance +++

La notion d’hypersensibilité est née en 1996 avec la parution de ce qui allait devenir un best-seller : Ces gens qui ont peur d’avoir peur, mieux comprendre l’hypersensibilité d’Elaine Aron. Mais déjà en 1913, Carl Gustav Jung avait évoqué la notion de « sensibilité innée » pour parler d’ « individus hautement sensibles ».

On considère que 20% de la population mondiale possède ce train de personnalité, puisque c’en est un, ce n’est donc pas une pathologie.

D’un point de vue scientifique, les chercheurs s’accordent à dire que le thalamus des hypersensibles (notre thalamus, structure du système nerveux, capte l’information et la transmet à notre hypothalamus pour nous préparer à réagir face à l’émotion) est moins actif et donc qu’il y a moins de « filtrage » des émotions, moins d’atténuation des perceptions.

Le centre de la douleur des hypersensibles est aussi troublé, ce qui explique qu’ils peuvent assez facilement ressentir des malaises, douleurs dues au stress etc.

Le cerveau des hypersensibles est, quant à lui, hyperactif et produit énormément de connexions cérébrales, ce qui explique que ces personnes pensent sans arrêt et peuvent être sujet aux ruminations mentales.

L’hypersensibilité peut avoir plusieurs origines :

  • l’hérédité
  • vécu d’un événement traumatisant
  • environnement durant la construction de l’individu
  • ressenti durant la vie intra-utérine.

Quels en sont les symptômes ?

  • la susceptibilité : les hypersensibles ont tendance à se sentir facilement blessés. Ils sont souvent dans l’analyse de l’attitude de l’autre et son interprétation. Lorsqu’ils se sentent vexés, ils pensent que l’autre les a intentionnellement « piqués ». Ils ont tendance à ressentir très fort cette vexation et la charge émotionnelle qui y est liée est donc importante.
  • la projection positive (C.J. Jung) : les hypersensibles ont tendance à percevoir les bons côtés des personnes qu’ils fréquentent. On les traite souvent de « naïfs ». En se focalisant sur les qualités des personnes qu’ils rencontrent, ils déchantent et se sentent trahis lorsqu’ils constatent qu’ils se sont trompés.
  • l’hyper empathie : les hypersensibles sont de véritables éponges émotionnelles. Naturellement, ils se mettent à la place de l’Autre, à tel point, qu’ils peuvent parfois ressentir les douleurs physiques de leur interlocuteur. N’ayant pas de « bouclier », il est indispensable qu’ils apprennent à se préserver de la misère du monde, sous peine de sombrer dans la déprime s’ils sont trop souvent confrontés à des personnes en souffrance. De même, il est essentiel qu’ils apprennent à reconnaître leurs besoins et de les considérer, si pas plus, au moins aussi importants que ceux des autres. « Prendre soin de soi n’est pas dire Moi d’abord, mais Moi aussi ! ».
  • difficulté face au conflit : étant donné qu’il ressent les émotions de manière très forte, l’hypersensible fuit le conflit qui provoque peur, tristesse, colère… Dès lors, il lui est malaisé de s’affirmer et il est souvent dans une attitude d’accommodement, délaissant ses propres besoins au profit de ceux de l’Autre.
  • sentiment d’être en décalage par rapport au monde, comme si on n’était né ni à la bonne époque, ni dans le bon monde. Cela provoque souvent un sentiment d’isolement « intellectuel », avec l’impression que nos valeurs ne sont pas semblables à celles de ceux qui nous entourent.
  • un besoin de solitude récurrent, afin de se recentrer sur soi et d’éviter le trop plein d’émotions.
  • le sentiment de se prendre certains événements ou situations « en pleine figure ». Assister à un événement heureux procure une émotion exacerbée, souvent semblant exagérée par l’entourage. Être témoin d’un événement triste ou choquant peut être à l’origine d’un réel traumatisme.
  • l’hypersensible a régulièrement le sentiment d’être à fleur de peau et de souffrir très souvent.

Comment bien vivre en étant un hypersensible ?

  • la première des choses à faire est de se reconnaître hypersensible et de l’accepter. Se connaître suffisamment pour savoir qu’il est normal, avec ce trait de personnalité, de ressentir les émotions de manière très forte
  • arrêter de considérer l’hypersensibilité comme un défaut. Il s’agit d’un trait de caractère qui peut, dans certaines situations, être un atout. Les hypersensibles ont une facilité importante pour comprendre les autres, par exemple. Ils sont capables de beaucoup d’ingéniosité grâce à leur esprit perpétuellement en mouvement…
  • dédramatiser : se dire que pleurer « pour un rien » ou d’être touché « facilement »peut provoquer l’impression d’être « fragile ». Or, ressentir et exprimer ses émotions est juste l’apanage des êtres humains.
  • accepter de vivre pleinement son émotion. Et si cela semble difficile de le faire en public, ne pas hésiter à s’isoler pour laisser venir et sortir ce qui se passe en nous. N’oublions pas que « ce qui ne s’exprime pas, s’imprime ».
  • apprendre à décrypter ses émotions : tout ce que nous ressentons sont des signaux pour nous donner des indications sur ce que nous vivons. La peur nous signale un danger perçu par notre cerveau, la colère nous donne des informations sur notre ressenti par rapport à l’attitude des Autres à notre égard… Les hypersensibles gagneraient beaucoup à apprendre à reconnaître leurs émotions et leurs messages et à produire les actions adéquates afin de ne pas sombrer dans une accumulation émotionnelle les transformant en « cocottes minutes ».
  • se trouver des loisirs qui font du bien. Les hypersensibles sont souvent dotés de talents créatifs ou artistiques, une fois découverts, ils leur permettront un vrai épanouissement !

En résumé, il est essentiel d’accepter qui vous êtes, et de faire de votre hypersensibilité une alliée. C’est la voie de la sérénité, celle après laquelle nous courons tous !

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